«

»

juin 07 2012

Un tremplin parisien pour la classe relais

Les élèves, qui ont remporté un prix pour leur roman-photo, parlent de la structure et de leur parcours.

Téo, Amandine, Thomas et Alexandra ont porté haut les couleurs de Bergerac à Paris. (PHOTO DR)

Alexandra, Amandine, Téo et Thomas sont « montés » à Paris. Leur journal, « Paroles de la classe relais », a été primé par la Fondation Varenne. Leur premier roman-photo a tapé dans l’œil du jury.

Ce n’est pas la première fois que la classe relais de Bergerac, liée au collège Jacques-Prévert, est distinguée par ce prix. Vainqueur en 2010, elle a cette fois terminé deuxième. Les élèves ont même décroché une mention spéciale pour le travail collectif qui ressort de la publication.

À Paris, ils étaient accompagnés de la directrice de la classe relais, Marie-Pascale Dupont-Rezat, et de Michèle Dorange, enseignante retraitée qui a rejoint les rangs des bénévoles. Passionnée de photo, professeur de français, elle encadre l’atelier journal de l’établissement.

.

Face au public
Dans l’amphithéâtre du musée du quai Branly, où a eu lieu la remise des prix, les Bergeracois n’ont pas fait de la figuration. Pour présenter la ville, l’établissement et la démarche, Alexandra est montée sur scène et a pris le micro : « Vous ne savez pas où se trouve Bergerac ? Le pays de Cyrano et des bons vins ? Je vais vous en parler. » Puis d’enchaîner sur cette structure spécifique qu’est la classe relais, que la majorité du public découvrait : « C’est un sas pour les adolescents en difficulté scolaire. On y reste le temps de mener à bien un projet personnel avec les enseignants et les professionnels bénévoles et on se découvre des savoir-faire. » Le message est passé tant et si bien qu’Alexandra a été assaillie de questions à l’issue de la cérémonie.

.

Engagés dans les débats
Elle a repris la parole à l’occasion d’un débat sur la discrimination : couleur de peau, origine sociale, quartier d’origine, handicap, etc. La jeune fille a eu le courage, en public, de parler de sa propre expérience : « Des problèmes familiaux m’ont fait décrocher de l’école. Mes résultats étaient mauvais. Les autres se moquaient de moi. La mise à l’écart venait autant des camarades que des profs. Ça blesse et ça accentue le malaise. »

Ayant repris confiance en elle, elle est désormais prête à redoubler la 3e pour reprendre un cursus classique, avec pour objectif de travailler plus tard dans la communication. Alexandra présente actuellement son dossier pour obtenir la carte de « jeune journaliste ». Amandine, à l’initiative du projet roman-photo, envisage, quant à elle, une formation de secrétariat.

.

Thomas aussi est très branché par les médias. De sa propre initiative, il a réalisé une interview radio du recteur d’académie, qu’un professionnel a trouvée « très pertinente ». Son prochain interlocuteur sera Dominique Rousseau, le maire de Bergerac. Autant dire que Thomas était très déçu que le nouveau ministre de l’Éducation, Vincent Peillon, n’ait pas été présent au musée parisien. Il se faisait une joie de lui tendre son micro !

Par Pauline Pierri

Sud Ouest, le 06 juin 2012